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Du 2020-07-13 au 2020-08-13

Coeurs en liberté

LIBERTÉ D’OSER...

C’était en 1840, Rosalie Cadron-Jetté, veuve depuis 1832, décide de consacrer sa vie en osant venir en aide aux mères céli­bataires, objets de jugement défavorable et de rejet par la société de l’époque. Sa mère, Rosalie Roy, était sage-femme; il y avait donc une préparation de longue date chez Rosalie pour s’aventurer ainsi auprès de ces jeunes filles en sérieuses difficultés. Il devint évident qu’il fallait un gîte pour ces femmes. Alors, c’est dans le grenier d’une maison auquel on accède de l’ex­térieur par une échelle, que se retrouvent ces filles en quête de protection et d’af­fection. Peut-on imaginer les difficultés rencontrées ? Ce qu’il en fallait d’audace pour tenir dans les tempêtes médiatiques de l’époque ! Heureusement, il y eut aussi des sympathisants. On arriva à trouver des fonds pour favoriser une meilleure qualité de vie. D’autres femmes, interpellées par cette oeuvre, se joignirent à Rosalie et, en 1848, fut fondée la communauté des Soeurs de Miséricorde, première institu­tion de ce genre au Canada. Rosalie prit le nom de Mère de la Nativité. Avec un coeur si maternel, pouvait-il en être autre­ment ? Voilà les fruits d’une liberté qui ose.

LIBERTÉ DE CROIRE EN L’IMPOSSIBLE...

Qui ne connait l’histoire d’Alfred Bessette, notre saint Frère André, et son projet dans le boisé au pied du Mont- Royal, boisé qui le fascinait quand il était portier au collège Notre-Dame, car il voyait grand. Il y voyait un oratoire pour son grand ami saint Joseph. Un oratoire où il pourrait aider les gens à prier saint Joseph, aider les pauvres, les malades; un lieu où ensemble on pourrait se recueillir, adorer, intercéder. Mais ce terrain, il fallait l’ache­ter. Et il n’était pas à vendre. Rien à faire, notre portier croit et prie. La communauté d’Alfred Bessette, les Frères de Sainte- Croix, souhaitait l’acquérir. La vente se produisit en 1904. Alors, une demande est aussitôt faite : Puis-je avoir un petit morceau de terre ? C’est pour bâtir une petite chapelle à saint Joseph. Le oui donné a ses exigen­ces; il faut voir à défrayer les coûts. Qu’à cela ne tienne, saint Joseph s’en occupera et l’oeuvre commence. La petite chapelle voit le jour, elle s’agrandit au fil des ans, s’agrandit, et s’agrandit encore, et 1967 verra la construction de sa basilique termi­née. Et voilà qu’à Montréal se trouve le plus grand sanctuaire mondial dédié à saint Joseph. Et voilà aussi que ce sanctuaire, au fil des ans également, devient un reflet de la société québécoise dans sa diversité culturelle. En effet, depuis plusieurs années, on y voit se retrouver ensemble dans une atmosphère de paix et de prière, des gens, des familles de diverses origines ethniques et de diverses confessions religieuses. De cette impossible réussite a jailli un impré­visible être-ensemble-en-l’Esprit. Surprise de Dieu !

LIBERTÉ DE PROPOSER JÉSUS-CHRIST...

Les bouleversements qui secouent la société québécoise en quasi rupture avec ses racines chrétiennes depuis plusieurs décennies posent question : comment exprimer notre foi, aujourd’hui ? La liberté intérieure expérimentée en fréquentant Jésus par l’écoute de Sa Parole, engen­dre souvent cette souffrance du coeur que Jésus exprimait à la Samaritaine (Jn 4) : Si tu savais le don de Dieu. Et suite à son enseignement, la Samaritaine de deman­der : Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus jamais soif. Ce vécu relation­nel de Jésus est inspirant. Comme Lui, sous la mouvance de son Esprit, au gré de nos rencontres fortuites, il arrive que l’on découvre parfois une recherche non expri­mée de Dieu. Proposer alors la personne de Jésus et son évangile a bien des chances d’être le chemin libérateur qu’a connu notre Samaritaine. Ça, c’est être mission­naire chez nous.

Gratitude à ces COEURS EN LIBERTÉ, véritables sources d’amour dans toute société, quelle que soit la teneur de sa laïcité.

Léonie Therrien, m.i.c.

Du 2020-06-22 au 2020-07-22

Serrer la main de Dieu

 Pour ma part, je crois que des Mère Teresa et des Jean Vanier, il y en a beaucoup; mais peu sont connus. Leur action ne s’inscrit pas dans le spectaculaire dont on est si friand. Non, ils font juste de petits miracles au quotidien, sans que la planète ne les publicise. Mais justement, un miracle, ce n’est jamais petit !

La fin de semaine de l’Action de grâce, j’ai eu le bonheur de rencontrer ce genre de personne : Jean-Louis Lebel, originaire de Montréal, dans la soixantaine, avec un bon sourire, le regard droit et la parole réconfortante ! Ancien professeur expatrié au Pérou, il s’est intéressé aux jeunes de la rue. Ceux-là même qui correspondent à nos gangs de rue. Souvent orphelins, ces jeunes garçons survivent grâce à la criminalité. Comme s’il était né pour cette mission, Jean-Louis a voulu s’occuper d’eux et de leurs problèmes. Ce fut d’abord un, puis deux, puis quatre jeunes qu’il a aidés. Aujourd’hui, 16 ans plus tard, c’est au-delà de 100 jeunes, d’âge mineur pour la plupart, qu’il prépare à la vie adulte et responsable, avec le concours d’une équipe d’environ 40 collaborateurs.

Le CIMA ( Centre d’intégration des mineurs en situation d’abandon ou manque d’amour ) prend des allures de colonie de vacances permanentes où le respect et l’éducation sont à l’honneur. Amour, discipline, entraide et travail sont des mots et des réalités qu’on utilise sans crainte, dans cette petite communauté péruvienne qui réapprend le partage et l’espoir d’une vie meilleure. Le Centre vit grâce à la charité publique : diverses fondations et un grand nombre de donateurs individuels ! Jean-Louis et ses assistants ne font pas de miracles ; ils sont… un miracle !

L’autre jour, quand j’ai serré la main de Jean-Louis Lebel, je crois vraiment avoir serré la main de Dieu. Car Dieu aime bien se servir de nous pour transmettre son Amour. Aussi, quand vous aurez l’occasion de serrer la main de quelqu’un qui tente d’aider son prochain, même simplement par un sourire amical, vous pourrez vous dire que, peut-être bien, vous êtes en train de serrer… la main de Dieu !

 

Paul-Émile Trudeau