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Du 2020-02-10 au 2020-03-20

Héritage et avenir

Nous devons être conscients de nos origines; je suis moi-même le produit de deux cultures, ayant un père et une mère de provenance différente. Je ne peux renier mes racines roumaines et québécoises et j’ai le devoir de préserver ce bagage et d’en faire profiter la société à laquelle j’appartiens et à laquelle je m’identifie. Cet héritage ne doit pas servir à nous diviser ou à nous uniformiser, mais doit nous aider à communier, à nous enrichir et à vivre notre humanité. Le Québec moderne réunit des personnes de tous genres et de toutes origines autour d’une même langue et des mêmes valeurs de liberté, partage, entraide, compassion et communauté. C’est vers cette harmonie que nous devons tendre, en faisant le pont entre l’ancien et le nouveau, en construisant ensemble une société qui se souvient, mais qui se tourne aussi vers l’avenir.

 

L’UNION FAIT LA FORCE

Nombreux sont les prophètes de malheur qui ne jurent que par l’intolérance et qui s’alimentent de la peur qu’ils engendrent. On voudrait nous faire croire qu’il existe plusieurs classes de citoyens, plusieurs catégories de personnes. La politique de la division détourne notre attention des véritables problèmes auxquels font face nos sociétés. Partout, on tente de nous éloigner les uns des autres, on veut diviser pour mieux régner. Alors que l’écart s’élargit entre les riches et les pauvres, on creuse des fossés de préjugés et de mépris. Alors que nos démocraties sont malades, on pointe du doigt l’Étranger et on l’accuse de tous les maux. L’ignorance et l’intolérance ont un cout et il nous faut y remédier avant qu’il ne soit trop tard.

Si au royaume des aveugles les borgnes sont rois, au royaume des intransigeants, les démagogues le sont. Un des grands défis de notre temps est de résister à l’appel irrationnel de cette démagogie destructrice qui se répand comme de la mauvaise herbe. Unissons-nous derrière les valeurs de solidarité et d’empathie qui, je le crois, sont innées chez les humains. On construit des murs ou on promet d’en faire, alors qu’il faudrait construire des ponts. Soyons des bâtisseurs de l’espoir et non de la division.

 

TOUS LES CHEMINS MÈNENT À ROME

J’ai eu la chance plus tôt, cet été, de visiter Rome. Un trait marquant dans cette ville, haut lieu du catholicisme, est la cohabitation d’un nombre incalculable d’églises d’origines et de confessions différentes. Loin d’être chaotique, cette cohabitation éclectique se fait dans une certaine harmonie, un certain respect pour l’histoire et le sacré du lieu. Cette atmosphère d’inclusion et de paix s’allie bien à la politique d’ouverture et de dialogue entamée par le pape François depuis son élection. En effet, il est encourageant de voir une figure aussi importante, non seulement pour le monde catholique, mais aussi pour toute la diplomatie internationale, prendre position pour un meilleur dialogue et l’entente entre les nations.

Cette volonté de rassembler est très louable, car c’est le pari de l’unité et de la paix qui est fait plutôt que celui de l’opposition et de l’exclusion. Que nous soyons riches ou pauvres, jeunes ou vieux et peu importe notre provenance, ouvrons-nous aux autres, soyons tolérants, car ce n’est que de cette façon que nos sociétés pourront évoluer. Tel est le message qu’il nous faut transmettre. Nous sommes tous humains et ce n’est pas le hasard temporel ou géographique qui devrait décider de notre sort et de la qualité de vie que nous pourrons mener.

RÊVER

Le cynisme et le défaitisme sont des obstacles de taille à toute évolution. On peut se permettre de rêver. Le rêve est la première étape vers la volonté de progrès qui, à son tour, entraine l’action. Se dire qu’une société ne peut s’améliorer, sous prétexte qu’elle a toujours  été ainsi et qu’elle le sera toujours, est incroyablement dommageable. Les changements sont parfois nécessaires et accepter qu’ils soient possibles est la première étape vers leur réalisation. Une société qui se respecte tient toujours compte de son passé et se construit sur une base solide. Le devoir de mémoire est essentiel tout comme la capacité à s’adapter. Sachons être le roseau de la fable qui fait face à la tempête : un roseau dont la racine est assez solide pour le maintenir en place, mais dont la flexibilité lui permet de faire face à l’adversité.