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Du 2018-02-12 au 2018-02-28

Carême dans la ville

Je suis heureux de partager avec vous cette belle retraite de Carême 2018. A la veille de son démarrage

https://careme.retraitedanslaville.org/



"Je n'en peux plus, je ne m'en sors plus !"


Parfois les eaux de notre vie se soulèvent au vent violent des événements. Notre course jusque là tranquille devient alors traversée de la tempête. Mais toujours la tempête s'arrête. Sauf qu'un jour, elle se fait plus forte, plus longue. Les forces s'épuisent, l'eau pénètre, le bateau coule. Le monde vacille, il n'y a plus d'issue. Reste un cri.

"Seigneur, viens à mon aide !"*


C'est là, au plus profond du gouffre qu'une main se tend, une parole brise le silence, un regard se tourne vers nous, une présence, une simple présence bienveillante, gratuite. "Tu m'as fait revivre quand je descendais à la fosse" chante le psalmiste.

"Tu m'as relevé"*


N'est-ce pas l'expérience fondamentale du Christ ? Le cœur de la Bonne Nouvelle, le noyau de la première prédication des apôtres : "Cet homme, vous l’avez supprimé, Dieu l'a relevé"**

Pendant ces 40 jours de carême, avec les sœurs d'Orbey, les frères Matthieu, Adrien, Gabriel, Alain, Sylvain et d'autres témoins, nous allons nous préparer à recevoir une immense Bonne Nouvelle. Celle du relèvement du Christ, celle de notre relèvement par l'amitié, par la vie, par les sacrements par Dieu. Alors, debout, nous pourrons avec le psalmiste illuminer le monde en chantant : "Tu as changé mon deuil en une danse, que mon coeur ne se taise pas, et que sans fin, Seigneur, mon Dieu, je te rende grâce !"*

Du 2018-02-01 au 2018-02-13

Enfance de Délia

Comme le vent aigre d'automne disperse les oiseaux de leur nid, le foyer se vida rapidement de ses oisillons. Monsieur Tétreault, voyait son foyer brisé à jamais. Il comprit que sans l'appui de sa femme, il ne pourrait subvenir seul aux besoins des siens sur sa ferme. Il fallait alors prendre une décision grave. Il fit comme tant de Canadiens français du temps qui ne voyaient d'autre issue à leur triste situation qu'émigrer aux États-Unis. Il partit donc à son tour, emmenant avec lui quelques-uns de ses enfants et confiant les autres à des proches parents. Délia se retrouva dans son nouveau foyer adoptif, avec son oncle Alix et sa tante Julie.

Tous les enfants aiment à fouiller et à se cacher dans les lieux les plus surprenants. C'est leur façon d'échapper au monde compartimenté et réglé des adultes. Délia, elle aussi, avait ses cachettes. Rien ne lui plaisait autant que de se cacher dans le grenier de la maison paternelle. Elle passait des heures et des heures à lire d'anciennes annales de la Sainte-Enfance et de la Propagation de la Foi enfouies dans des caisses. Parfois, elle s'enthousiasmait devant les faits et gestes des missionnaires et s'éprenait d'une grande admiration pour les religieux et religieuses qui avaient ce bonheur de semer la bonne nouvelle dans ces terres étrangères.

Nourrie de ces images missionnaires, la petite Délia eut un soir un rêve tout à fait prémonitoire. Écoutons-la: J'étais à genoux près de mon lit, et tout à coup, j'aperçus un champ de blés mûrs qui s'étendait à perte de vue. À un moment donné, tous ces blés se changèrent en tête d'enfants; je compris en même temps qu'elles représentaient des âmes d'enfants païens. La fertilité florissante des champs au temps de la moisson lui laissait-elle prévoir les heureux temps de la récolte de ses religieuses qui auront au préalable à semer dans les larmes avant de récolter dans la joie?

Tante Julie ne ménagea rien pour donner à sa fille une solide formation chrétienne et humaine. Ainsi, pour garder l'esprit de famille, elle ne manquait pas d'inviter les frères de Délia et sa soeur Victoire pendant le temps des vacances. Quand vint le temps de l'école, elle la confia aux Soeurs de la Présentation qui tenaient un couvent à Marieville.

C'est ainsi que Délia passa les premières années de son enfance. Elle grandissait dans un climat de paix sereine, d'amour et d'harmonie.

Extraits du livre: Délia - l'audace des frontières inconnues
Auteur: Yvon Langlois

 

Du 2018-01-30 au 2018-02-14

Naissance de Délia 4 février

Je revois ce jour de prédilection dans le coeur de Dieu, le jour de la naissance de la fondatrice des Soeurs missionnaires de l'Immaculée-Conception, la Vénérable Délia Tétreault. Je vois le Seigneur discuter avec sa mère sur l'endroit le plus approprié pour sa naissance.

D'abord il fallait que celle qui deviendrait par la suite une ardente apôtre de la mère du Seigneur, naquît, comme il se devait, dans un village dédié à la mère de Dieu. Le Seigneur et sa mère s'entendirent sur ce lieu. En plus, fit sans doute remarquer la Vierge Marie, Marieville est située non loin de Montréal, autrefois appelé Ville-Marie en son honneur.

Tout au long de cette journée du quatre février 1865, il était tombé une neige douce et molle sur Marieville. Une neige duveteuse et légère miroitant en petits flocons étoilés enveloppait la campagne d'une toison immaculée qui scintillait des derniers reflets du soleil.

C'est dans cette atmosphère liliale que Célina Ponton, épouse d'Alexis Tétreault, mit au monde ce soir-là ses jumeaux: un robuste petit garçon, Roch, apparemment aussi solide que son prénom et une chétive petite fille qui semblait plutôt prédestinée à une mort prématurée.

La mère, épuisée par ce pénible accouchement, gardait cependant toute sa lucidité. Déjà, on parlait du baptême dans la pièce d'à côté. À l'époque, on ne tardait pas à faire baptiser les enfants. On parlait de l'oncle Jean Alix, époux de sa soeur Julie, homme tout désigné comme parrain du vaillant petit garçon. À l'aise financièrement, il pourrait, éventuellement, prendre en charge le petit si un malheur se produisait...

Les plans de Dieu passent forcément par les humains et peuvent parfois paraître déroutants à leurs yeux. C'est ainsi que la mère crut bon d'intervenir et manifesta son intention de donner plutôt l'oncle Alix comme parrain à la petite qui, à son avis, en aurait plus besoin. Tous s'inclinèrent devant les désirs de la mourante pour ne pas la contrarier