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Du 2019-05-06 au 2019-05-26

AU RYTHME DE LA CULTURE MANGYANE

QUI SONT LES M NGYANS?

Mangyans est un terme générique pour désigner les peuplades indigènes de l’île de Mindoro, sur la côte occidentale des Philippines. Un bref aperçu de leur histoire nous amènera dans le champ apostolique de Sr Lilia et éveillera en nous une conscience nouvelle qui nous incitera à les respecter et à les protéger. 

Minorités nationales : c’est ainsi qu’on aimait les désigner au temps où la domination espagnole atteignait son apogée aux Philippines. L’histoire nous apprend que ces peuplades furent partie prenante de la population d’origine, témoins des diverses vagues de conquistadors qui ont envahi le sol philippin. La plupart d’entre eux ont adopté le mode de vie des étrangers qui les ont aliénés de leur culture d’origine, alors même que s’accroissait leur nombre. 

Les communautés culturelles, (indigenous people - I.P.) comme on les appelle maintenant, regroupent le petit nombre de ceux qui, dès les débuts, ont vaillamment résisté à la domination étrangère. Et, de génération en génération, ils ont assuré jusqu’à nos jours la transmission de leur riche culture d’origine. 

DÉFENDRE LEURS DROITS

Étroitement solidaire de ces groupes, Sr Lilia désire attirer l’attention des agences gouvernementales, en particulier des bureaux chargés des communautés culturelles, (I.P.) sur la nécessité de travailler  directement et de façon unifiée au développement de ces peuples. 

Il est essentiel de poursuivre leur éducation et leur développement économique, non pas à notre rythme à nous, mais à leur rythme à eux, afin de sauvegarder leurs structures sociales, leurs traditions et leur mode de vie. Sinon, l’héritage philippin subirait un coup fatal pour lequel les générations futures nous  blâmeraient. 

UN DROIT ACQUIS

Depuis longtemps, les Mangyans souhaitaient la reconnaissance officielle de leur domaine ancestral dans le Mindoro Occidental; leur souhait s’est enfin réalisé. En août dernier, ils ont reçu du gouvernement cette reconnaissance tant attendue. À cette occasion, Sr Lilia et Sr Jocelyn Guieb, m.i.c., ont partagé les fortes sensations inhérentes à l’ascension d’une montagne escarpée. L’un des Mangyans a exprimé sa gratitude aux Soeurs pour leur solidarité :

Merci, mes soeurs, de vous joindre à nous… Vous êtes vraiment avec nous dans les difficultés comme dans les moments de bonheur.

Avec émotion, Sr Jocelyn se rappelle aussi du jour où elle a escaladé avec l’équipe une autre très haute montagne considérée par les Mangyans comme un lieu sacré :

Avant de quitter l’endroit, nous avons passé quelques moments en prière, remerciant Dieu des grâces reçues, d’avoir eu la chance et la force de nous rendre à ce lieu sacré si magnifique… et pour sa protection incessante ! 

En action de grâces, les Mangyans ont procédé à un rituel appelé le PAMAGO pour remercier Dieu de l’obtention de la reconnaissance de leurs droits territoriaux, en dépit des nombreux obstacles.L’un de ceuxci avait été la résistance des habitants des localités qui, eux aussi, réclamaient la propriété de ces terres. Une négociation pacifique avait enfin réglé ce problème en leur donnant la garantie de leur domaine ancestral dans le Mindoro Occidental. 

REBOISEMENT À SANTA CRUZ

Moyennant certaines conditions, la Banque de développement des Philippines (BDP) a offert une aide aux Mangyans pour le projet de reboisement du domaine ancestral. Mais les Mangyans étaient divisés sur cette  question. Les uns étaient en faveur du projet et les autres, désirant conserver leur mode de vie traditionnel, le rejetaient. Une rencontre a été convoquée; elle réunissait une cinquantaine de leaders. Sr Lilia a présenté les avantages du projet qui, par la suite, a été approuvé à l’unanimité. Puis, les intervenants ont précisé certains détails : l’échéancier du reboisement, le mode d’organisation, etc. 

La défense et la promotion des droits des Mangyans occasionnent à Sr Lilia beaucoup de déplacements par air, par terre et par mer. Récemment, elle a séjourné à Baguio afin de participer à une session sur le renforcement des stratégies d’action pour assurer la paix et le développement des communautés indigènes. Elle était accompagnée de 15 Mangyans. Ils venaient apprendre comment défendre leurs droits violés par  ceux qui s’emparent de leurs terres ou qui exploitent illégalement leurs forêts. Ils ont aussi appris à développer leur capacité de négocier avec les agences gouvernementales car, un fait à noter, la plupart des Mangyans sont illettrés. 

Défendre les droits des Mangyans, travailler avec eux, demeurer dans leur village ne va pas de soi. Plusieurs fois, Sr Lilia a eu des menaces. En février 2002, des supposés voleurs ont pris l’équipement et les documents concernant le domaine ancestral. L’école a été incendiée par des gens qui ne veulent pas voir les indigènes prendre leur place dans la société.Forte de ses convictions pour cette noble cause, Sr Lilia affirme:

Nos gens ont besoin d’être revalorisés. C’est le devoir du gouvernement de considérer comme prioritaires les projets conçus à partir des besoins des Mangyans et pensés en fonction de leur mode de vie indigène. Il est avantageux de sacrifier le confort urbain en échange de la brise et des ruisseaux de montagne, ne serait-ce que pour servir les Mangyans, cette partie de notre tissu social, si riche en couleurs !

par Edita Telan, m.i.c.

Du 2019-05-06 au 2019-05-26

Cecilia Hong m.i.c.