Les actualités

Du 2020-10-05 au 2020-10-26

PROMIS REND HONNEUR À NOTRE SŒUR ANDRÉ MÉNARD

Sœur Ménard était dévouée à la justice sociale et à la cause des personnes immigrantes et réfugiées ce qui avait mené à la naissance de PROMIS. Nous sommes toujours influencés par sa vision humaniste et progressiste.

En reconnaissance du travail accompli par Sœur Ménard et de son rôle fondamental pour la création de PROMIS, le conseil d’administration prépare, pour l’automne 2020, une cérémonie d’inauguration de la grande salle Andrée-Ménard en présence des membres, des bénévoles, du personnel et des partenaires de PROMIS.

Après trente-deux ans d’existence comme organisme communautaire, nous voyons que la vie nous interpelle régulièrement à adapter nos alignements et nos approches aux nouvelles réalités qui parfois surgissent sans grand avertissement. Le défi est de rester ancré dans nos valeurs et nos principes malgré les turbulences passagères. Cela appelle à une forme de résilience organisationnelle qui doit demeurer à la hauteur des aspirations de notre fondatrice.

Monsieur Lucien Fortin          Monsieur Delfino Campanile

Président                             Directeur général

 

NB nous tenons à souligner l’aide remarquable de sœurs Diane Gariépy et Adrienne Guay qui, depuis plusieurs années, donnent de nombreuses heures de bénévolat au service d’hébergement afin d’assurer une présence auprès des résidentes et d’organiser des activités socioculturelles.

Du 2020-09-24 au 2020-10-24

DE MELBOURNE À MONTRÉAL

Je me rends vite compte que j’ai hérité d’un enfant qui a le diapason absolu dans l’oreille. À peine a-t-il appris le nom des notes et quelques pages de sa méthode de piano que Julian transpose ses petits morceaux en do, tous sur les touches blanches, en d’autres tonalités. Il pose ses doigts n’importe où sur le clavier et ils se hissent sur les touches noires quand la mélodie le demande. Les sons, le rythme, tout est un jeu pour lui. Je me jure de ne pas décourager mon petit prodige et de lui faire aimer la musique, même si je dois m’armer de patience pour l’obliger à lire les notes plutôt que d’improviser à son gré. Le Little Julian !

Le 22 novembre, pour le concert annuel de la sainte Cécile, Julian est sur le podium et dirige le Toy Orchestra avec tout l’aplomb d’un chef d’orchestre chevronné.

Après deux ans, Julian quitte l’ICAM pour une autre école et il commence l’étude du violon. Il est reconnu comme exceptionnellement doué et il obtient des succès remarquables. Nous gardons le contact car il m’envoie des nouvelles à l’occasion de concerts et de diplômes avec des photos signées your Little Julian. Après mon retour au Canada en 1965, j’ai appris qu’il avait obtenu une bourse offerte par la Première Dame des Philippines, Imelda Marcos, pour poursuivre ses études musicales au Juillard School de New York. Je l’ai perdu de vue ensuite.

2 juin 2007

Une ancienne élève de ICAM émigrée aux États-Unis, Vivian de la Rosa, me demande de lui prêter d’anciennes photos de son école pour en faire un DVD. Par hasard, j’inclus dans mon envoi une photo de 1953 montrant Julian Quirit dirigeant le Toy Orchestra. Elle le connaît de réputation et elle me répond : Savez-vous qu’il est devenu un violoniste de renommée internationale et qu’il dirige l’Orchestre Philharmonique de Melbourne, en Australie ? Je lui fais savoir que j’ai retrouvé son premier professeur de musique. Quelques jours plus tard, je reçois une lettre d’amour à mon adresse Internet. Mon petit Julian d’autrefois me dit sa joie d’apprendre que  je suis encore bien vivante au Canada. J’ai toujours rêvé de pouvoir vous dire que je vous dois ma carrière parce que vous avez su me faire aimer la musique, écrit-il. Il m’informe sur son parcours de musicien depuis le moment où j’ai quitté son pays et je refais aussi le mien. Comme cadeau de Noël, il m’annonce son projet de venir à Montréal en 2008.

19 septembre 2008

Cette visite a été précédée d’une longue préparation car le projet de Julian est de venir présenter un récital de violon en hommage à son premier professeur. Le programme — huit pièces classiques de grands maîtres — a été envoyé de Melbourne. Au retour d’un voyage en Europe, Julian et Minerva, son épouse, font une escale au Canada. Le 19 septembre, j’ai la joie de les accueillir au couvent de Pont-Viau, à Laval. La jeune Sr Marie-Pia en habit religieux qu’il avait connue en 1953 est devenue une vieille madame à la tête blanche qui porte même un nouveau nom... Et Little Julian est à l’aube de ses soixante ans ! Un moment d’émotion difficile à décrire...

Dans l’après-midi, accompagné par M. Balan, un ami pianiste d’origine roumaine, Julian présente son récital et rappelle à l’auditoire le but de son voyage à Montréal : témoigner sa gratitude à son ancien professeur et remercier les Sœurs Missionnaires de l’Immaculée-Conception d’avoir établi des oeuvres dans son pays. Le programme se déroule dans un silence impressionnant. L’auditoire est ému devant la beauté des sons que l’artiste tire de son violon, jouant de mémoire, les yeux mi-clos, visiblement dans un autre monde, un monde d’harmonie et de beauté. Plus d’une fois, pour ma part, des larmes d’émotion ont coulé... Julian a parcouru tant de chemins depuis le jour où sa mère me suppliait de le prendre comme élève à Manille. À sa demande, je l’accompagne pour un dernier morceau.

 Madame Quirit enregistre ce concert unique pour en faire un DVD qu’elle m’enverra plus tard de Melbourne en souvenir de l’événement. À la fin du récital, Julian s’empare du microphone et désigne aux invités les photos d’autrefois disposées sur une table. Comme vous voyez, j’étais destiné à devenir chef d’orchestre et j’ai eu ma première leçon à cinq ans avec Sr Marie-Pia, dit-il, en faisant allusion à la photo du Toy Orchestra au concert à l’ICAM en novembre 1953 qui a été l’élément déclencheur de ces retrouvailles inédites.

Cette émouvante manifestation de reconnaissance de Julian Quirit, un très grand artiste, envers la jeune missionnaire d’autrefois à qui il attribue l’orientation de sa carrière musicale, a été un événement inoubliable. Un MERCI du coeur, Little Julian !