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Du 2021-09-23 au 2021-10-23

POUR QUE LA VIE EN SORTE GAGNANTE

Ma vie et les médias qui en font partie me rappellent quotidiennement qu’il y a présentement pas mal de monde dans les fossés, que ces fossés sont de plus en plus diversifiés, profonds, et que les soigneurs/Samaritains sont en nombre insuffisant. Les soigneurs «officiels» et leur admirable compétence sont toujours là pour les grandes catastrophes de la Vie, mais il y a ces multiples « petites catastrophes » au jour le jour, malheureusement oubliées, dont l’importance négligée se transforme parfois en grandes catastrophes. Alors je m’interroge sans accuser personne : se pourrait-il que la famille soit un lieu d’apprentissage efficace et privilégié qui pourrait permettre à ses membres autant d’éviter de vilaines blessures que de porter secours à celles et ceux abandonnés dans le fossé ? Les familles sont-elles conscientes qu’elles sont, un peu comme Jésus, des pédagogues de première ligne pour initier leurs membres à l’art de porter attention et à celui d’utiliser l’huile de la tendresse ?

 

LE BUT DE L’ÉDUCATION

Qui mieux que la famille est bien placée pour développer chez ses enfants la façon de s’approprier, de savoir attendre sans être crispé, d’entendre la souffrance cachée dans les mots de l’autre, de tenir le coup même si ça saigne, de partager; qui mieux que la famille est bien placée pour « enseigner » à ses enfants l’importance de reconnaître

humblement ses forces et ses limites, de chercher sans cesse la vérité, d’apprécier le silence et la solitude, de pardonner, de servir en premier lieu le plus affaibli, d’être attentif à son environnement. Comme le disait Simone Weil citée par le théologien québécois décédé André  Naud : Il faut faire attention à l’attention. L’attention est la présence éveillée à l’autre : c’est le but de l’éducation. La famille est un lieu d’apprentissage à l’attention. À une époque où tout est mis en oeuvre pour nous distraire et nous divertir, qui, sinon la famille, osera humaniser notre société centrée sur le moi, moi, moi ? Un moi qui, parce que distrait, ne voit pas les fossés et risque de s’y ramasser un jour. Qui l’en sortira ?

Jésus n’a proposé aucun modèle familial, mais il a cherché à sensibiliser son entourage à la présence et à l’importance des petits enfants afin que la Vie en sorte gagnante. Et la Vie en sortira gagnante non pas si le déficit zéro est atteint ou si les églises sont remplies à craquer, mais si la société s’humanise et que les familles deviennent des lieux d’apprentissage de l’attention et de la tendresse.  Qu’apprenons-nous présentement à nos enfants ? À quels messages les exposons-nous ? Vers quoi dirigeons-nous leur attention ? À qui les confions-nous ? Quel temps leur accordons-nous ? Et quel est le contenu de ce temps accordé ?

 

AU PLUS FORT LA POCHE

De nos jours, les dirigeants des pays de notre planète font des choix inquiétants qui mettent la Vie en échec et l’empoisonnent à petites doses : armement, pollution, monopoles, intimidation, dictatures, OGM, compétition effrénée...  Nombre de jeunes sont devenus incapables de croire que les autres peuvent les regarder et se   comporter envers eux avec respect, générosité, amitié, esprit de coopération ou avec une volonté d’exister et de faire ensemble.... On a l’impression que nous avons tous perdu confiance dans les institutions collectives. Pour que la Vie en sorte gagnante, les familles devront être soutenues de mille façons pour redevenir des pédagogues qui initient leurs membres à l’art de faire attention à l’autre et d’utiliser l’huile de la tendresse. La société qui est la nôtre efface de plus en plus la solidarité : c’est une société de marché basée sur la concurrence, la rivalité et la compétition. « Au plus fort la poche ! »Quand se vit la solidarité, « chaque membre se sent, par elle et grâce à elle, conforté dans la sécurité de son existence » . Voilà le vrai défi des familles d’aujourd’hui... le modèle familial à diffuser est très secondaire.

Andre Gadbois

Du 2021-08-12 au 2021-09-28

Escale Myriam ou Escale Délia

Quelques témoignages

Pierrette Belainsky, m.i.c., me dit :

J’ai la conviction que le Seigneur me donne toujours le meilleur au meilleur moment. Ce qui me permet d’accueillir de nouvelles situations avec espérance et gratitude. Plus tard elle ajouta : Ma nouvelle demeure est pour moi un sanctuaire de la grande rencontre de l’alliance. Mes remerciements et mon affection aux personnes en autorité.

Soeur Clémence Trudel, m.i.c., relate :

Dans ma petite chambre, je suis bien. C’est beau. Je suis dans l’action de grâce. Je suis très reconnaissante en voyant les compagnes avec qui j’ai vécu et  travaillé qui, par un simple geste continuent de me manifester leur affection. Il y a toutes celles qui viennent jouer au scrabble ou jaser avec moi. Ce sont de petites et grandes joies d’une belle et grande famille avec ses hauts et ses bas. J’ai aussi appris à attendre, à dépendre des autres. La vie n’est pas finie pour toi ni pour moi. Je me prépare pour le grand déménagement ou plutôt le Seigneur m’y prépare.

Soeur Gabrielle Saucier, m.i.c., dont la vitalité à 101 ans est incroyable, me répond :

J’ai une sœur (Françoise Saucier, m.i.c.) qui fait tout pour moi. Cependant, il y a eu un certain bouleversement. J’ai aussi une supérieure excellente (Gabrielle Duchesne, m.i.c.). Elle a été d’un grand secours pour adoucir les soubresauts d’un tel évènement.

 

La tradition n’est pas le culte des cendres, mais la préservation du feu

 Avec ces mêmes religieuses, j’ai échangé sur cette définition de la tradition par Mahler : Vous parlez toutes de demeure définitive, votre dernière demeure. Une question me vient à l’esprit : comment comprenez-vous cette définition de la tradition ou comment l’avez-vous intégrée dans votre vie ?

Gabrielle :

Je n’ai pas seulement préservé le feu, j’ai allumé, j’ai rallumé le feu. J’ai aidé à le conserver dans le coeur, dans la vie, dans les foyers des gens rencontrés que ce soit au Malawi ou au Québec.

 Pierrette :

Un jour je me suis sentie envahie d’une lumière. Mais avec l’appel à la partager. Ce qui se traduisit au fil des années par mon sourire. J’ai eu le bonheur de trouver pour moi et les autres, une aide humaine et spirituelle dans l’approche Personnalité Relation Humaine, c’est devenu ma passion. Aider une personne à découvrir son identité, à s’accepter et à prendre sa place, à exister. Être visible même quand on continue de penser qu’on est invisible. C’est allumer le feu de la dignité et le préserver.

 Clémence :

Je pense souvent à mes ancêtres en parlant de tradition, ils sont tous partis. J’ai vécu avec ma famille jusqu’à l’âge de 30 ans. Même dans mes réflexions je continue à en parler et par expérience j’affirmerais que le meilleur de soi-même vient d’elle. Le feu de la famille continue de chauffer. Ce qu’on ajoute par l’orientation qui nous a été donnée, attise ce feu. Comme directrice d’école j’ai eu le bonheur de voir mes élèves réussir. Elles ne cessèrent de répéter avec fierté en me voyant : Elle fut ma directrice d’école. J’ai des élèves qui sont devenues religieuses chez les MIC ou ailleurs, des mères ou des pères de famille qui gardent allumer le flambeau de la foi. Ce sont des reliques de mon passage dans ce milieu.

 

Je remercie les soeurs pour leur témoignage. Par le don discret de leur personne elles ont allumé le feu de l’action de grâce. L’action de préservation revient à chacune, chacun de nous. Dans votre sanctuaire à vous ou votre escale, cher lecteur ou lectrice, je vous laisse avec un poème de Hippolyte-Louis Guérin de Litteau, qui vous rappelle toutes ces vies cachées qui continuent à embellir votre propre vie.

Marie Nadia Noël, m.i.c.