Les actualités
Septembre 2017

Du 2017-09-06 au 2017-09-30

Vous êtes mes témoins

Ayant travaillé à Lima, Pérou, j’ai côtoyé des personnes malades et âgées qui vivaient dans des conditions inhumaines. Courageusement, elles luttaient pour leur survie mais le regard tourné vers les autres. Laissez-moi vous parler d’Isabel, cette femme de 40 ans qui, à l’âge de 18 ans, a été victime d’un accident. Les jambes amputées, elle circule en fauteuil roulant dans les rues de son village pour porter secours à son entourage. Elle écoute les gens et partage leur souffrance. Pleine de vie, Isabel n’a jamais flanché devant l’épreuve. Elle témoigne de l’espérance qui l’habite. Par son courage Isabel a revitalisé ma foi et mon engagement missionnaire.

Mais comment porter ce témoignage de l’amour de Dieu lorsque physiquement l’âge ou la maladie gagne du terrain ?

 

La souffrance : communion au Christ souffrant

La souffrance, cette expérience unique du LÂCHER PRISE met en communion étroite avec la prière de Jésus : PÈRE, TA VOLONTÉ ET NON LA MIENNE.

La souffrance devient alors source de paix. Au lieu de s’apitoyer sur soi, la foi laisse jaillir l’amour. Difficile à comprendre! La foi n’ôte pas la douleur, mais relie à la souffrance du Christ rédempteur venu actualiser l’amour de Dieu pour tous.

La foi nous assure que le Seigneur peut tirer le bien du mal, elle donne un sens à la vie. Combien pourraient témoigner que l’épreuve acceptée dans la foi a fait renaître en eux la sérénité, l’espérance ? C’est que le Seigneur invite à être actifs malgré la maladie, avec les forces et les talents dont vous disposez. Vous êtes les précieux coopérateurs et coopératrices du Christ dans l’œuvre de la Rédemption.

C’est là votre mission : devenir des témoins de la présence et de l’amour de Dieu dans votre vie. Une présence qui pénètre les fibres de votre être comme une brise légère. Par la prière vous entrez en contact avec Dieu. Parler à Dieu, lui dire votre peine, votre espoir, lui adresser vos demandes pour les vôtres, lui offrir tout votre être, lui rendre grâce, c’est cela prier. Prier est aussi une forme de témoignage de votre foi, puisqu’elle révèle votre relation secrète avec ce Dieu-Amour.

Et comment ne pas devenir alors des RACONTEURS,RACONTEUSES de votre vécu qui peut devenir source de foi pour les autres !

Par Michelle Payette, m.i.c.

Du 2017-09-06 au 2017-09-30

Il a besoin de tous ses outils.

L'un prit la parole: "Il nous faut, dit-il, exclure notre soeur la scie, car elle mord et elle grince des dents. Elle a le caractère le plus grincheux du monde.". 

Un autre dit: "Nous ne pouvons conserver parmi nous notre frère le rabot qui a le caractère tranchant et qui épluche tout ce qu'il touche" .

"Quant au frère marteau, dit un autre, je lui trouve le caractère assommant. Il est tapageur. Il cogne toujours et nous tape sur les nerfs. Excluons-le".

" Et les clous ? Peut-on vivre avec des gens qui ont le caractère aussi pointu ? Qu'ils s'en aillent! Et que la lime et la râpe s'en aillent aussi. A vivre avec elles, ce n'est que frottement perpétuel. Et qu'on chasse le papier de verre dont il semble que la raison d'être dans cet atelier soit de toujours froisser !"

Ainsi discouraient en grand tumulte les outils du charpentier. Tout le monde parlait à la fois. L'histoire ne dit pas si c'était le marteau qui accusait la scie et le rabot la lime, mais il est probable que c'était ainsi, car à la fin de la séance, tout le monde se trouvait exclu.

La réunion bruyante prit fin subitement par l'entrée du charpentier dans l'atelier. On se tût lorsqu'on le vit s'approcher de l'établi. Il saisit une planche et la scia avec la scie qui grince. La rabota avec le frère rabot au ton tranchant qui épluche tout ce qu'il touche. Le frère ciseau qui blesse cruellement, notre soeur la râpe au langage rude, le frère papier de verre qui froisse, entrèrent successivement en action. Le charpentier prit alors nos frères les clous au caractère pointu et le marteau qui cogne et fait du tapage. Il se servit de tous ses outils au méchant caractère pour fabriquer un berceau. Pour accueillir l'enfant à naître. Pour accueillir la Vie.

Saga suédoise

Du 2017-08-04 au 2017-09-05

Le Dieu des longues routes

On pourrait dire que ces trois êtres humains étaient des nomades… un peu comme le Dieu de la Bible est un Dieu nomade qui marche avec son Peuple au désert et qui fait savoir à David qu’il préfère cheminer avec son Peuple plutôt que d’être installé dans une maison (2 Sam 7, 1-17). Un peu aussi comme ce Père qui court vers son fils revenant ou ce berger qui part à la recherche de la brebis égarée.

Même s’ils marchaient beaucoup, Bouddha, Socrate et Jésus s’arrêtaient pour faire le plein et comptaient sur de fidèles amis et supporteurs qui leur permettaient de se reposer, de faire le point, de se nourrir dans tous les sens du terme. Ayant décidé de se tenir éloignés des honneurs et des richesses, ils menaient une vie simple, indépendante, en mouvement, assez rude pour leur faire apprécier parfois le plaisir de bien manger et de bien boire avec des amis. Sans cesse sur la route, en marche et tournés vers les autres, ces trois sages étaient à la fois dans le monde et pourtant capables de s’en détacher suffisamment pour demeurer éveillés, attentifs et conscients. Sculpté par la marche, façonné par elle, car la marche est le symbole de ma vie, le symbole de mes priorités, le symbole de ma sagesse. Je pense à l’escargot qui marche lentement, admire les brindilles, se nourrit de son chemin et sait se protéger; je pense à l’Homme moderne branché 24 heures sur 24, tellement soucieux de ses affaires et de ses apparences, sans cesse en concurrence et inconscient de l’avenir de l’humanité, roulant à toute allure jusqu’à épuisement de son carburant.

Tu es le Dieu des longues routes... Tu es le Dieu qui vient marcher sur nos chemins, nous rencontrer et nous accompagner. Lumière dans nos vies pour nous aider la nuit à traverser la mort et le danger, et nous ouvrir la liberté. Cette chanson de Noël Colombier décrit bien notre Dieu nomade et marcheur qui nous rejoint patiemment sur nos chemins d’Emmaüs pour nous questionner, nous faire méditer et nous garder hors du tombeau. Ce Dieu est même capable de relever les faibles, les assis, les fermés, les déprimés, pour les remettre à la marche… et il compte sur nous, ses disciples et témoins, pour les chatouiller, les détendre, les apaiser et les remettre à la marche.