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plus de 100 ans déjà !

2009 : Centenaire de la mission de Canton, Chine. L'aventure des Soeurs Missionnaires de 1'Immaculée-Conception en Chine remonte à ce jour d'avril 1908 où le Préfet apostolique de Canton, Mgr Jean-Marie Mérel des Missions Étrangères de Paris se présente à la Maison Mère à Outremont. La communauté ne comptait que 15 membres et avait commencé une neuvaine pour que se manifeste l'appel à la première mission lointaine.

8 septembre 1909

L'archevêque de Montréal, Mgr Paul Bruchési, et la fondatrice, Mère Marie-du-St-Esprit ( Délia Tétreault ), examinent la demande de Mgr Mérel. Il s'agit de remplacer à Canton les Soeurs françaises Catéchistes de Marie-Immaculée qui se retirent faute de personnel. Le défi est de taille, les oeuvres, multiples : école, crèche, orphelinat, refuge, dispensaire… Dans un acte de foi en la Providence, la décision est prise : la Chine sera la première mission. Six jeunes professes sont désignées pour Canton. Leur départ a lieu à la cathédrale de Montréal, le 8 septembre 1909. Dans un sermon d'adieu prononcé devant des milliers de fidèles, Mgr Bruchési souligne que c'est la première fois que le Canada voit partir des missionnaires d'un Institut national dont le but exclusif est l'apostolat dans les missions étrangères.

Les départs pour la Chine se succèdent et la mission-mère de Canton grandit en personnel et en oeuvres. En 1913, la fondatrice accepte d'envoyer quatre Soeurs à la léproserie de Shek Lung, une île à proximité de Canton, où sont regroupés plusieurs centaines de malades. Elles y resteront en service jusqu'à leur expulsion en 1952.

En Mandchourie

En 1921, la Société des Missions Étrangères naît de la volonté des évêques du Québec à participer au grand mouvement missionnaire de l'Église. Six ans plus tard, ces prêtres invitent les Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception à les rejoindre en Mandchourie, dans le nord-est de la Chine, où la Société vient d'établir ses premières missions. Les MIC essaiment rapidement sur ce vaste territoire et ouvrent des dispensaires dans les nouveaux postes. À Szepingkai, elles sont responsables de la formation des Soeurs du Saint-Rosaire, une communauté de religieuses chinoises fondée par Mgr L.A. Lapierre, p.m.é. En 1947, la situation politique les force à quitter : elles sont une cinquantaine de MIC implantées dans huit localités. Des circonstances particulièrement difficiles forceront 11 d'entre elles à y rester dans un grand isolement jusqu'en 1952.

À Hong Kong

La situation politique n'est pas de tout repos à Canton. À plusieurs reprises, lors de soulèvements, de grèves et de guerres civiles, les soeurs vont chercher refuge à Hong Kong. Un premier pied-à-terre s'établit dans la colonie britannique en 1927; il est à l'origine des grandes écoles qui dispensent encore aujourd'hui une éducation de qualité à la jeunesse chinoise.

En Chine centrale

Après sa consécration à Rome par Pie XI en 1926, l'un des six premiers évêques chinois, Mgr Simon Tsu, s.j., fait une halte à Montréal sur le chemin du retour. Son but ? Trouver des religieuses pour son diocèse, près de Shanghai. Son invitation est acceptée par les supérieures. Un petit contingent de MIC arrive sur l'île de Tsung Ming en 1928. Là aussi, en plus d'un orphelinat, ouvroir, école et dispensaire, les soeurs entreprennent la formation de religieuses autochtones, les Thérésiennes, communauté qui existe encore aujourd'hui. Elles seront en mesure de remplacer les missionnaires canadiennes en 1948. La collaboration MIC aux oeuvres du diocèse de Haimen aura duré 20 ans.

À Suchow

En 1934, une demande de Mgr Philippe Côté, s.j., évêque de Suchow, amène quatre MIC dans cette ville située à mi-chemin entre Pékin et Shanghai. Elles s'occupent de santé, d'éducation et d'oeuvres sociales jusqu'en 1948, alors que la situation politique provoque leur départ.

Début de l'exode

Partout où elles sont envoyées, les soeurs assument des oeuvres d'éducation, de santé, d'assistance sociale et surtout de collaboration à la catéchèse. Mais les difficultés causées par les internements à l'occasion des guerres, les troubles politiques et la prise de pouvoir par un gouvernement défavorable aux missionnaires les obligent à quitter leurs postes peu à peu. L'exode commence en Mandchourie en 1947 : une trentaine de soeurs se réfugient à Tsung Ming d'abord, pour se disperser ensuite dans d'autres missions. Taïwan, Hong Kong et les Philippines voient ainsi la création d'oeuvres nouvelles grâce à l'apport de ces recrues qui connaissent la langue et la culture chinoises. Dans plusieurs villes du Canada et des États-Unis surgissent aussi des Centres de services aux Chinois immigrés en Amérique. Ici au Québec, la visite des soeurs dans les écoles, pour propager les OEuvres pontificales de la Sainte-Enfance et de la Propagation de la Foi, a marqué plusieurs générations.

Entre 1909 et 1952, 149 MIC ont vécu en Chine. À leur départ de Canton, elles ont laissé derrière elles Sr Lucia Ho, première recrue chinoise, qui ne pourra rejoindre sa communauté qu'en 1980. Dix-sept soeurs sont décédées dans leur mission et dorment là-bas leur dernier sommeil. Quelques-unes de nos vaillantes missionnaires de Chine vivent encore dans notre couvent de Laval. Une trentaine de MIC chinoises partagent aujourd'hui notre mission commune : annoncer la Bonne Nouvelle du Salut en JÉsus Christ à ceux qui ne la connaissent pas.

Le 8 septembre 2009 a marqué le centième anniversaire du premier départ MIC pour la Chine. Il est difficile d'imaginer aujourd'hui, avec la rapidité des déplacements aériens et des moyens de communication modernes, l'héroïsme des jeunes partantes de 1909. Elles quittaient pour la vie ! Les voyages duraient des semaines, leurs lettres aux familles et à la Maison Mère prenaient des mois à parvenir à destination. Et que de dépaysements, de dangers, de difficultés de toutes sortes, elles ont vécus! Cet anniversaire fut l'occasion de rappeler l'héroïsme de nos devancières et de garder au coeur, comme elles, un grand amour de la Chine et de nos soeurs et frères chinois.

par Huguette Turcotte, m.i.c.

Pour aller plus loin
Gauthier, Chantal. Femmes sans Frontières :
L'histoire des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1902-2007,
Montréal, Les Éditions Carte blanche, 2008, 498 p

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En 1909, le premier groupe de Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception partait pour Canton, Chine. Il quittait Montréal pour une terre de mission. Aujourd'hui deux religieuses travaillent en Chine continentale et 15 autres à Hong Kong. À travers leurs engagements, elles cherchent à être d'ardentes évangélisatrices et à promouvoir l'esprit missionnaire.

Après plus de 150 ans de régime britannique, Hong Kong a un nouveau souverain. Mais la nouveauté est en réalité ancienne... la Chine a réclamé ce qui lui appartenait. L'ancienne colonie a été transformée en une nouvelle Région Administrative Spéciale (S.A.R.). Elle jouit maintenant d'un haut degré d'autonomie, sauf en matière de défense et d'affaires étrangères.

Située sur la côte sud-est de la Chine, cette Région Administrative Spéciale comprend l'île de Hong Kong, la ville continentale de Kowloon et, au nord, les Nouveaux Territoires. Elle englobe également plus de 230 îles. Privée de toutes ressources naturelles autres qu'un excellent port construit à même les contraintes géographiques d'un territoire limité, Hong Kong est devenue un centre de commerce d'envergure mondiale. Sept millions de personnes parmi les plus acharnées au travail, commerçants, économistes et autres, y vivent aujourd'hui; 98% sont chinois d'origine, cantonais pour la plupart.

Hong Kong est depuis longtemps le lieu de rencontre de l'Orient et de l'Occident. Son caractère international y apparaît profondément et irrévocablement enraciné. Il se manifeste dans sa vaste population de ressortissants étrangers, dans son réseau incomparable d'écoles internationales, dans l'adoption de l'anglais comme l'une de ses deux langues officielles et dans la coexistence de plusieurs religions telles que le bouddhisme, le taoïsme, le confucianisme, le protestantisme et le catholicisme. On y remarque aussi une vie interculturelle vraiment spectaculaire. Le visage cosmopolite de Hong Kong lui vaut clairement son statut particulier à l'intérieur de cet aménagement qui intègre un pays, deux systèmes. Hong Kong est fière de sa nouvelle place au sein de la Chine. Elle est devenue un pont entre la Chine continentale et le reste du monde, d'où son importance aux yeux de celle-ci. Une position stratégique qui rehausse sa valeur pour la Chine continentale.

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Le Japon est un pays fascinant, une terre de contrastes aux couleurs variées où s'entremêlent l'Orient et l'Occident. Non loin des édifices ultra modernes et de l'agitation frénétique de ses métropoles, ses temples millénaires aux courbes gracieuses semblent avoir été miraculeusement épargnés par le temps. Bien que le pays se soit taillé une place de premier plan dans les plus hautes sphères de la technologie moderne, il n'a pas perdu son âme mystique. Ses règles d'étiquette et de convenances héritées de l'époque féodale ainsi que la primauté accordée toujours et partout à l'esthétique font partie de son originalité et de la fascination qu'il exerce sur le visiteur.

L'histoire du Japon se caractérise par une alternance d'ouvertures et de fermetures de ses frontières. Au IXe siècle, le pays rompt toutes relations avec ses voisins et entame une ère d'isolement qui se prolongera durant trois siècles. Au cours des XVII, et XVIII, siècles, il manifeste à nouveau son hostilité à toute religion étrangère et à toute influence séculière en s'engageant résolument dans une politique de réclusion nationale. Cette période durera 250 ans, jusqu'au moment (1868-1912) où l'Empereur Méiji sortira le Japon de son isolement et de son statut de société agricole et féodale. À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le pays est en ruine. Il lui faut opérer une relance. Il procède donc à un redressement économique et à une révision de ses valeurs nationales. Grâce à ces nouvelles orientations et soutenu par les qualités inhérentes au peuple comme le sens des affaires, l'esprit corporatif, la loyauté et la persévérance, le pays réussit, en moins d'un demi-siècle, à devenir une puissance financière mondiale. En matière de politique étrangère, il adopte une attitude basée sur la coopération internationale et la promotion de la paix.

Dans cette démocratie moderne, l'empereur conserve son trône comme symbole d'unité nationale mais en réalité, le pouvoir est entre les mains de politiciens, de bureaucrates et de gens d'affaires influents. L'archipel compte 127 millions d'habitants et demeure une nation insulaire dont la composition ethnique est majoritairement japonaise. Sa langue et certains aspects de sa culture lui donnent un caractère unique qui le distingue de ses voisins du continent asiatique oriental. C'est le pays du bonsaï, des jardins zen et de l'art délicat des arrangements floraux appelés ikebana.

De nouveaux appels en Asie

Après avoir répondu à l'appel de l'Église de Chine en 1909 et à celui de l'Église des Philippines en 1920, notre fondatrice accueille l'invitation de l'Église du Japon comme une nouvelle occasion de faire connaître la Parole de Dieu en terre non-chrétienne. Le premier départ a lieu en novembre 1926. Nos pionnières travaillent pendant quelques années dans le sud du pays, puis elles se rendent au nord, à Koriyama en 1930 et à Aizu Wakamatsu en 1934.

Tout semble présager des lendemains prometteurs lorsqu'en 1941, la guerre éclate entre les États-Unis et le Japon. Pendant deux ans, nos missionnaires vivent les incertitudes d'une vie en résidence surveillée dans leur couvent d'Aizu Wakamatsu. En 1943, dans le cadre des échanges de prisonniers de guerre, elles rentrent au Canada. Après la guerre, elles reprennent la route vers un Japon dévasté et meurtri. Le shintoïsme en tant que religion officielle de l'État a été aboli. Une nouvelle ère commence. On reconstruit les églises et on assiste à un accroissement du nombre d'écoles, d'hôpitaux et d'institutions caritatives dirigés par divers groupes chrétiens. En 1949, à Aizu Wakamatsu, notre école Saint Francis Xavier accueille ses premiers élèves. L'année suivante nous ouvrons un Jardin d'enfants à Tokyo puis une autre école à Koriyama en 1958.

Après 75 ans de présence dans l'Église du Japon, c'est avec un coeur rempli de joie et de gratitude que nos Soeurs s'engagent à poursuivre leur mission de travailler en Église à l'évangélisation de la société japonaise à l'heure du multiculturalisme et de la mondialisation, en proclamant la Bonne Nouvelle du Salut aux personnes qui ne connaissent pas Jésus Christ et en cultivant le sens missionnaire chez les chrétiens. Elles cherchent à favoriser la rencontre du Christ par leur témoignage de vie et par diverses oeuvres apostoliques : l'éducation chrétienne, des services en pastorale, le travail auprès des immigrants, des engagements pour la justice et la protection de l'environnement. Bien que peu nombreuses, elles participent à l'envoi de leurs missionnaires vers d'autres pays. Elles accueillent des ASMIC (Associés et Associées aux Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception) qui désirent vivre la spiritualité d'action de grâces léguée par Délia Tétreault et collaborent aussi aux programmes inter-Asie qui existent entre nos missions de Hong Kong, des Philippines, de Taïwan et du Japon.

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Les Philippines... Perles des mers orientales

En 1521, des Espagnols, dirigés par l'explorateur Ferdinand Magellan, découvraient les îles auxquelles ils donnèrent le nom de Filipinas en l'honneur du roi Philippe d'Espagne. Dotées d'abondantes ressources naturelles, ces îles ont attiré au cours des siècles de nombreux commerçants, aventuriers et constructeurs d'empires. Aujourd'hui, on compte une population de 76,5 millions d'habitants d'ascendance indo-malaisienne, chinoise et espagnole.

La succession des nombreuses influences étrangères aux Philippines a façonné une nation dont la culture possède un caractère particulier. Cet héritage se reflète dans l'art, la culture, la diversité des langues et par la coexistence de plus d'une centaine d'ethnies. Il s'exprime aussi dans un style de vie marqué par une merveilleuse tradition de chaude hospitalité. Il fait bon découvrir la beauté de ce pays et trouver dans ses chansons, ses danses gracieuses, ses rites et ses fêtes, l'expression de son accueil et de son amitié.


Notre première mission aux Philippines

En 1909, nos premières missionnaires à quitter le Canada partirent pour la Chine. Elles s'engagèrent plus particulièrement dans les domaines de la santé et de l'éducation. Elles se sont fait connaître pour leurs compétences professionnelles et la générosité de leur engagement. En 1921, le Dr Jose Tee Han Kee, un collaborateur dévoué de leur mission en Chine, devint directeur de l'Hôpital Général Chinois de Manille. Il demanda alors à l'archevêque de Manille que l'administration de l'hôpital soit confiée à nos religieuses. Cet établissement offrait des services à la communauté chinoise qui, à l'époque, comptait près de 40,000 personnes.

Délia Tétreault répondit favorablement à cette requête. Cette nouvelle mission correspondait parfaitement à son idéal missionnaire parce qu'elle s'adressait d'abord à des personnes qui n'avaient jamais entendu parler de Jésus Christ, et aussi parce qu'il s'agissait d'un service auprès des plus démunis. Cinq Soeurs furent assignées pour cette première mission. Les liens d'amitié qui se tissèrent avec les familles des patients furent le point de départ de leur action pastorale. Les convertis chinois, issus des cours de catéchèse, collaborèrent en 1936 à la fondation de l'école anglo-chinoise Immaculate Conception.

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De la Chine continentale vers Taïwan

L'Île de Taïwan est située à une centaine de kilomètres au large des côtes de la Chine continentale. En 1590, des marins portugais, émerveillés par la beauté de ses paysages, lui donnent le nom d'Ilha Formosa, la Belle île. D'abord protectorat de l'Empire de Chine, puis province chinoise, l'île est cédée au Japon après la guerre sino-japonaise (1894-1895); l'occupation durera 50 ans. À la fin de la seconde guerre mondiale, la Chine la récupère et lui rend son nom chinois, Taïwan. En 1949, les communistes de Mao Tsé-toung sortent vainqueur de la guerre civile en Chine continentale; défait, le maréchal Tchang Kaï-chek se réfugie à Taïwan avec des membres de son armée et de son gouvernement nationaliste. Il proclame Taipei capitale provisoire de la Chine. Ce statut demeurera jusqu'en 1971, au moment où les Nations Unies reconnaîtront Pékin comme siège du gouvernement chinois.

Au début des années 50, les puissances occidentales, soucieuses de freiner l'expansion communiste en Asie, se servent de Taïwan comme modèle pour démontrer la supériorité du système démocratique capitaliste. Les investisseurs développent une économie basée sur la production industrielle et technologique ainsi que sur l'exportation des produits manufacturés. Les qualités naturelles de patience, de dextérité, de tenacité du peuple chinois contribueront au succès économique de Taïwan et feront d'elle une nation dont la main-d'oeuvre est l'une des mieux qualifiées des pays industrialisés. À la même époque, la réforme agraire assurera la rentabilité des principales productions agricoles de l'île.

Taïwan a une population de 23 millions d'habitants en majorité d'origine chinoise. Elle compte aussi des minorités aborigènes venues, il y a longtemps, de l'Indonésie et de la Malaisie. Bien qu'urbanisée et industrialisée, Taïwan conserve des sites naturels magnifiques et tient à sauvegarder ses temples érigés selon la délicate architecture de la Chine ancienne. Le Musée du palais national de Taipei présente la plus grande collection au monde d'antiquités chinoises, de jades, de porcelaines, de bronzes et de peintures sur soie. Plusieurs pièces de cette collection proviennent des trésors accumulés jadis par les empereurs chinois dans la Cité Interdite de Pékin et furent transportés à Taïwan par Tchang Kaï-chek lors de son exil.

Une mission d'amour et de service

Pendant les années qui ont suivi la prise du pouvoir par le gouvernement communiste en Chine continentale, les institutions catholiques ont été confisquées et les missionnaires expulsés. C'est ainsi qu'en 1953, nos dernières soeurs canadiennes engagées dans cette mission quittèrent le pays. Un an après, à la demande des Pères Jésuites, trois de nos anciennes missionnaires de Chine arrivent à Taïwan et s'établissent à Guanhsi, petite ville de la préfecture de Hsinchu. À leur arrivée, la ville qui regroupe 35 000 habitants ne compte aucun catholique. Durant cette période d'après guerre, les besoins sont grands. Connaissant déjà la langue officielle du pays, le mandarin, nos Soeurs collaborent à la direction d'un jardin d'enfants et s'impliquent dans des visites aux familles. Pendant les années qui suivent, d'autres compagnes se joignent au groupe. Elles établissent des cliniques médicales, des maternités et organisent diverses oeuvres sociales. Les missionnaires apportent un nouveau souffle de vie, et une ère de prospérité s'ouvre pour le rayonnement du catholicisme à Taïwan.

Traditions millénaires

Conservatrice naturelle des arts de la Chine, Taïwan l'est aussi des plus anciennes traditions religieuses tels le bouddhisme, le taoïsme, le confucianisme et le culte des ancêtres. Ces traditions ont modelé la vie et la culture du peuple depuis plusieurs millénaires. Elles offrent des interprétations de l'absolu, de la personne humaine et de son existence, du mal qui existe dans le monde et des moyens de s'en libérer.

Une demi-siècle après l'arrivée des missionnaires de Chine à Taïwan, les catholiques représentent 3% de la population. Conscientes du riche héritage culturel chinois et des transformations que subit présentement la société taïwanaise, nos Soeurs définissent leur mission actuelle en ces termes : Annoncer Jésus Christ à ceux qui ne le connaissent pas et accompagner les chrétiens et chrétiennes dans l'approfondissement de leur foi afin qu'ils puissent témoigner de Jésus Christ et de l'Évangile au sein d'une société en mutation.


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