La vitalité d'un bourgeon

La vitalité d'un bourgeon

Ce petit bourgeon plein de vie caractérise la mission des MIC à Cuba. Sept soeurs bien actives auprès des jeunes, des familles et dans les paroisses sèment des paroles d’encouragement en annonçant Jésus Christ. Malgré quelques pas positifs, le contexte social génère de la frustration qui suscite le désir d’émigrer surtout parmi les jeunes.

LE CONTEXTE SOCIAL

Notre pays traverse un moment historique sur le plan démographique. La décroissance et  le vieillissement de la population se font sentir et résultent de la baisse du taux de natalité et d’une migration croissante. L’État se doit d’offrir aux personnes du troisième âge des institutions et des programmes qui les aident à vivre en toute dignité leurs dernières années de vie.

La santé, l’éducation et le sport qui, depuis des décennies, atteignaient de hauts standards se trouvent maintenant dans une impasse. Toutefois, le peuple a accueilli avec joie  quelques changements comme le retour des écoles secondaires et des institutions pré-universitaires dans les villes, l’autorisation de vendre ou d’acheter des propriétés et des véhicules, la possibilité de créer de petites entreprises privées ou familiales et le libre accès des Cubains dans les hôtels.

Nonobstant ces changements, beaucoup de citoyens espèrent la mise en place urgente de réformes plus profondes qui leur permettraient de solutionner des problèmes pressants, générateurs d’angoisse et d’incertitude. Il y a une nette demande pour améliorer les moyens de transport, l’offre vestimentaire et alimentaire, le logement et les pensions de sécurité sociale. Le peuple réclame une plus grande autonomie pour mettre sur pied des projets répondant aux besoins de divers groupes à la recherche du bien commun sans avoir besoin d’attendre une réponse du gouvernement.

LE PEUPLE CUBAIN

Nous, Cubains, savons cumuler de grandes réserves de joie et de créativité. Nous sommes talentueux, spontanés, extravertis, capables de lutter, patients, amicaux et courageux. Nous sommes convaincus de l’importance du travail pour faire avancer le pays, mais, en même temps, nous manquons d’honnêteté et du sens des responsabilités au travail. Il existe une grande crise des valeurs humaines et évangéliques.

Les expressions du sentiment religieux  de notre peuple sont variées. Beaucoup d’entre elles viennent du catholicisme alors que d’autres ont des racines africaines. Cette diversité démontre que notre peuple est bien vivant, qu’il a soif de Dieu et qu’il est en recherche de sens.

La mondialisation arrive petit à petit et il n’est pas rare de voir des téléphones cellulaires. Toutefois, le libre accès à Internet continu d’être très limité. Nous aspirons à être plus informés et branchés.

Le 17 décembre 2014, les gouvernements de Cuba et des États-Unis ont fait un pas historique en décidant de travailler ensemble pour rétablir les relations diplomatiques rompues depuis 50 ans. Cette nouvelle a été accueillie avec beaucoup d’enthousiasme, mais aussi avec un peu de méfiance. Il est évident qu’une telle décision devrait apporter certains changements en faveur de la population.

LE CONTEXTE ECCLÉSIAL

Récemment, nous avons célébré des événements très significatifs : le triennat missionnaire préparatoire à l’Année jubilaire, la procession de l’image de Notre-Dame-de-la-Charité dans toute l’île, l’Année jubilaire mariale au cours de laquelle nous avons célébré le 400e anniversaire de la découverte de l’image de Notre-Dame-de-la-Charité, la visite du pape Benoît XVI et l’Année de la foi.

Ces célébrations ont contribué à stimuler en nous l’esprit missionnaire et nous ont permis de vivre en communion avec la mission continentale proposée par la Conférence Épiscopale d’Aparecida.

La participation de la population à l’Eucharistie du dimanche n’atteint pas 2 %, cependant 60 % des Cubains sont baptisés. Dans la plupart des paroisses, nous avons réussi à imprégner les activités et la vie communautaire de l’esprit missionnaire. Un des plus grands cadeaux de l’Esprit est l’existence du catéchuménat où se dessine le futur de notre Église. C’est un grand défi, car la plupart de ceux et celles qui font partie de ces communautés sont les jeunes et les adultes qui ont demandé d’être initiés à la vie de foi.

Les dimensions sociales et charitables de la foi s’expriment dans nos communautés par le moyen de multiples projets et par le travail des équipes de Caritas.

LES MIC DANS CE CONTEXTE

En tant que MIC, nous voulons être de plus en plus conscientes que notre mission est de suivre Jésus dans l’allégresse comme des témoins crédibles de fraternité et nous souhaitons nous occuper des personnes qui vivent des situations pénibles. Nous participons à l’animation liturgique, à la préparation aux sacrements et à la formation des laïques. Nous sommes engagées dans le catéchuménat, l’enfance missionnaire et nous portons une attention particulière aux enfants handicapés et à leurs familles. Nous collaborons à la revue du Mouvement des Femmes catholiques et nous travaillons avec des groupes de jeunes au niveau paroissial, participons à leurs rencontres ponctuelles et, souvent, nous les accueillons dans nos fraternités.

Nous coordonnons les activités du Centre de ressourcement spirituel à Colón qui offre des services en hébergement ou en médecine alternative. De plus, nous animons des retraites, en équipe avec les jésuites, et les ateliers ES.PE.RE. (Écoles de Pardon et de Réconciliation).

Nous avons parcouru beaucoup de chemin avec les Cubains dans des contextes difficiles, mais nous sommes encouragées par leur attitude d’ouverture et leur enthousiasme à collaborer aux divers projets de l’Église. Bien qu’étant un groupe restreint, nous sommes conscientes que Dieu agit dans la petitesse et qu’il a seulement besoin de notre don inconditionnel. Le petit bourgeon qui fleurit, ne porte-t-il pas beaucoup de germes de vie ? Nous sommes convaincues, comme MIC à Cuba, que notre charisme d’action de grâces missionnaire a un grand futur dans notre terre cubaine.

Amelia Mejides, m.i.c.

LE PRÉCURSEUR | AUTOMNE 2015