Ecologie

Loué sois-tu !

Les Premières Nations et nous

À propos des préoccupations canadiennes et l’environnement, c’est au no 146 de l’encyclique Laudato Si que le pape François tourne notre regard vers nos relations avec les Premières Nations.

Il est indispensable d’accorder une attention spéciale aux communautés aborigènes et à leurs traditions culturelles. Elles ne constituent pas une simple minorité parmi d’autres, mais elles doivent devenir les principaux interlocuteurs, surtout lorsqu’on développe les grands projets qui affectent leurs espaces.

Pour sa part, l’évêque anglican R. Mark MacDonald nous laisse déjà mieux saisir l’espace accordé à la Création en affirmant que sa nation autochtone ojibway vit une « relation symbiotique » avec la Création, sans séparer l’humanité de la nature (voir l’article de Norman Lévesque dans Supplément au dossier du site Web de la Revue En Son Nom, mai-juin 2017, Vol. 75, no 3).

 

Tout est lié

Le document de Laudato Si nous révèle aussi d’autres particularités de la vision des autochtones. Le pape François y a bien repris sept ou huit fois l’expression « Tout est lié ». Si ce n’est pas évident à travers le mode de vie, en général, de notre société occidentale, nos amiEs des Premières Nations en sont inspiréEs depuis toujours pour leur compréhension de tous les aspects de la vie et leur enseignement.

« Ni Mziwi » (« tout est lié » ) affirme tout naturellement Nicole O’Bomsawin, anthropologue, agente culturelle de la nation « abénakise » et détentrice en 2011, d’un Doctorat honoris causa de l’Université de Montréal. À l’invitation du Centre culturel chrétien de Montréal, elle a su nous inspirer dès la première soirée culturelle offerte, en 2019, chez les Dominicains. Tout comme elle l’avait fait au Centre d’art La petite église, aux Deux-Montagnes, Madame O’Bomsawin est venue partager ses croyances spirituelles à travers de simples symboles à la base de l’approche de la vie des communautés des Premières Nations.

 

Une vision circulaire du monde

Par exemple, les Premières Nations voient le monde de façon circulaire.

Nous apprenons que tout est interconnecté, inter-relié. Il y a le cycle des saisons, certaines nations en voient six, d’autres 12. Mais ce n’est pas découpé comme un calendrier de 30 jours, c’est dans un cercle. Tout est appelé à recommencer […] Il y a le cercle de vie, mieux connu sous le terme de roue de médecine. Tout comme le tambour, l’instrument par excellence, puisqu’il est rond.

Madame O’Bomsawin a décrit comment le cercle représente toutes les relations. Par exemples, que tout ce qui est vivant, le monde des ancêtres, les gens qui viendront et nous, maintenant. Quand on ne sera plus là, on va partir dans un autre cercle. Peu importe où l’on est dans le cercle, on est tous égaux. Il faut aller chercher des connaissances les uns des autres.

 

La spiritualité et le chiffre 4

« Le chiffre 4 est également indissociable des bases spirituelles sacrées des Premières Nations. Toutes croient à la division du chiffre 4. C’est un chiffre parfait: il y a 4 saisons, 4 directions. Lorsqu’on fait des rituels ou cérémonies, on rend hommage aux 4 directions. Nous ne sommes pas seuls et c’est notre façon de prendre conscience des autres. »

Voilà ce dont témoigne Mme O’Bomsawin à toute occasion d’intervention :

Or, les quatre directions prennent un sens profond commandant le respect… tout comme l’humain qui se développe en quatre étapes : naissance, enfance, adulte et vieillesse. Ce même humain se retrouve aussi à la tête des quatre mondes où l’on retrouve le règne minéral, végétal, animal. Alors que les minéraux se suffisent à eux-mêmes, les végétaux ont besoin des minéraux, les animaux ont besoin de minéraux, mais aussi des végétaux et l’homme a besoin de toutes ces espèces pour vivre.

Il en va de même de la dynamique interactive des niveaux physique, spirituel, mental et émotif de l’être humain. Spiritualité et mode de vie sont tellement indissociables que pour les Premières Nations, les êtres humains sont perçus comme gardiens de la Nature.

 

Où en sommes-nous ?

Et nous, les êtres humains que nous sommes, comment nous situons-nous par rapport à cette perspective privilégiée ? Les dirigeants des communautés de croyants et croyantes rassemblées en 2015, ont uni leur volonté de cheminer ensemble et de concert avec les Premières Nations, afin de « relever le défi pour la justice, pour le bien-être humain et pour la survie de la planète. »3

Lisant leur déclaration bien détaillée, nous pouvons être interpellés, invités, sur un chemin d’amour universel, ici et maintenant, en allant chercher quelque chose chez les premiers habitants de ce pays.

paulineboilard2010@gmail.com

 

 

Notre Code général communautaire, mis à jour en 2015, nous rappelle ceci que « la gratitude envers Dieu pour les dons reçus, c’est de vivre la justice envers Celui de qui nous avons tout reçu. En conséquence, nous sommes appelées à être des gardiens, des gardiennes  du monde qui nous entoure et aussi à prendre soin tant du peuple que de la création en posant des actions concrètes. » Cf/ E.G. No 215

Les fraternités de la province canadienne « Marie-Reine du Monde » s’insèrent concrètement dans cette vision. Pour ce faire, les exercices de sondage d’opinion et d’empreinte écologique, réalisés par quelques unes d’entre nous depuis quelques années, révèlent les pistes d’actions suivantes et que nous classons dans les trois axes du programme du Réseau des Églises vertes auquel nous contribuons.   www.EglisesVertes.ca

Nous nous engageons à :

Élargir notre champ de sensibilisation :

- À l’occasion inviter une personne ressource pour une conférence selon le besoin discerné

  au cœur de l’action en cours ou en prévision.

-        Célébrer la Journée mondiale de l’eau, 22 mars

-        Célébrer le Jour de la Terre (international) 22 avril

-        Célébrer le jour de sauvegarde de la Création (COE), le 1er septembre

-        Souligner la semaine québécoise de réduction des déchets, 3e semaine octobre

Assumer les actions suivantes :

- Réduire l’énergie dans les lieux de grande consommation. Ex. : éclairage,

  chauffage, appareils, etc.

- Maximiser l’utilisation des bacs de recyclage : bouteilles, papier-carton, cartouches

  d’imprimante, piles électriques, goupilles et attaches pains.

- Imprimer les documents recto-verso / favoriser le papier brouillon.

- Éviter le sur-emballage (achats, colis, cadeaux)

- Favoriser le covoiturage.

- Analyser une possibilité de compostage domestique là où c’est possible.

 

Notre projet de politique environnementale est toujours en devenir et demeure  ouvert aux suggestions et expériences vécues ou souhaitées.

Répondante : Pauline Boilard, m.i.c.  450-663-6460  poste 2350

                      paulineboilard2010@gmail.com