Numéro Avril-Mai-Juin 2020

Sommaire

LE RAYONNEMENT D’UN RÊVE...

 

3 | Le Précurseur et les précurseurs

– Marie-Paule Sanfaçon, m.i.c.

5 | Le rayonnement d’une revue

6 | Centenaire du Précurseur — un bref survol

– Éric Desautels

Retracer l’histoire des revues missionnaires catholiques au Québec depuis le début du XXe siècle, c’est découvrir les liens établis par la population québécoise avec des sociétés lointaines. Cette histoire prend son impulsion dans les années 1920 avec l’encyclique Maximum illud du pape Benoit XV. À l’époque, la presse catholique subit d’ailleurs une expansion considérable, passant de 18,8 % à 25,0 % de toutes les publications périodiques publiées au Québec entre 1915 et 1940 1.

 

8 | Une fenêtre ouverte sur le monde

– Gloria Pérez Pupo, m.i.c.

Cuba, un pays fermé

En 1979, à mon entrée chez les Soeurs Missionnaires de l’Immaculée-Conception, mon pays, Cuba, était assez isolé. Notre ouverture au monde était plutôt orientée vers les pays et les évènements qui étaient en parfaite harmonie avec l’idéologie et les politiques préconisées par notre gouvernement. Peu de nouvelles nous parvenaient de l’extérieur de notre île.

 

10 | Musée Délia-Tétreault : La vie secrète des objets

– Alexandre Payer

« Du pincement des cordes avec les ongles s’échappe une musique douce et étrangement mélancolique qui laisse au fond du coeur quelque chose d’attendri. Il faut voir l’instrumentiste presser fortement sa valiha contre lui, car le corps humain, dit-on, renforce le son lorsqu’on y appuie l’instrument »

La valiha (prononcé vali) est un instrument à cordes pincées dont la table d’harmonie est formée d’un segment évidé de bambou de 60 à 120 cm, comportant une longue ouïe verticale. Traditionnellement, les « cordes » de l’instrument étaient constituées de minces bandes d’écorces incisées à même le tronc et délicatement soulevées de la table par des petites pièces rectangulaires de citrouille sèche qui servaient de chevalets mobiles. Notons que ces bandes, maintenues en place aux deux extrémités par une liane nouée, sont aujourd’hui remplacées par des cordes de guitare métalliques (ou parfois même des câbles de freins de vélo !). Motifs pastoraux pyrogravés, bandes de cuir et éléments ciselés embellissent la plupart de ces instruments, achevant de souligner leur fabrication principalement domestique.

 

11 | Le droit au retour (2e partie)

– Beverly Romualdo, m.i.c., Dr Rica de los Reyes-Ancheta

Étroitement solidaire de ces groupes, Sr Lilia

Étroitement solidaire de ces groupes, Sr Lilia et Sr Beverly désirent attirer l’attention des agences gouvernementales, en particulier des bureaux chargés des communautés culturelles sur la nécessité de travailler directement et de façon unifiée au développement de ces peuples. Il est essentiel de poursuivre leur éducation et leur développement économique, non pas à notre rythme à nous, mais à leur rythme à eux, afin de sauvegarder leurs structures sociales, leurs traditions et leur mode de vie. Sinon, l’héritage philippin subirait un coup fatal pour lequel les générations futures nous blâmeraient Étroitement solidaire de ces

 

14 | 100 ans, une page à la fois

– Monique Bigras, m.i.c.

 

15 | Toile du centenaire : Délia Tétreault et son oeuvre

– Marie-Paule Sanfaçon, m.i.c.

L’inspiration, c’est écouter le souffle intérieur. Julie a un don spécial qui la transporte dans son monde imaginaire et se traduit par des oeuvres qui vont au-delà de la réalité.

Voici en quelques mots sa pensée : Je fais de la peinture avec passion, le monde imaginaire que je crée m’habite. Ce qui m’inspire le plus est de transmettre mes émotions sur un support pour m’exprimer et de les partager. Je vous remercie de m’encourager en vous procurant une de mes toiles et je souhaite que mon oeuvre puisse vous permettre de m’accompagner dans ce monde qui nous transporte dans un nouvel univers.

 

16 | Un rêve : aider le monde à se prendre en main

– Maurice Demers

Les missionnaires catholiques québécois ont longtemps été des ambassadeurs de par le monde. Les missions ont été créées au départ dans un but de conversion des populations païennes au catholicisme. La contribution des Québécois et Québécoises a réellement pris de l’essor au tournant du XXe siècle. C’était la contribution canadienne-française à l’avancée et à la défense de la civilisation occidentale. Évidemment, cette approche engendrait une ouverture limitée face à l’autre, l’appréciation des cultures étrangères étant tributaire de leur assentiment au christianisme.

 

18 | Le souffle d’un rêve

– Marie-Nadia Noël, m.i.c.

En 1920, dans une société en plein changement, Délia Tétreault, une fille du Québec, fondatrice de notre Institut, eut l’idée d’avantgarde de mettre sur pied une revue, Le Précurseur. Pour de nombreux lecteurs et lectrices, cette revue peut être comparée au souffle. Et pourquoi donc ?

Le Larousse définit le souffle comme l’air qu’on chasse par la bouche en expirant plus ou moins fortement. Au sens littéraire nous disons : l’inspiration de l’écrivain, de l’artiste. Dans la Bible, en Genèse 2, 7, il est écrit que Dieu insuffla un souffle de vie dans les narines de  l’homme et celui-ci devint un être vivant. Certains chercheurs avancent que le souffle est la source de tout, et, en même temps, la création de tout. Ainsi, tel un souffle depuis ses débuts, la revue Le Précurseur offre un temps et un espace d’expérimentation à tous ses abonnés. Un souffle qui permet le jaillissement et l’édification de nouvelles valeurs communes. Il nous permet de retrouver, de nourrir et de diffuser le souffle de nos rêves collectifs.

20 | L’évangélisation et la revue Le Précurseur

– Ravaka Andréa Razafindahy, m.i.c.

Après avoir reçu le mandat de me rendre en Zambie et au Malawi pour y prêcher l’Évangile,   la timide missionnaire que j’étais s’est transformée en une femme courageuse. L’Esprit Saint m’a aidée à devenir un instrument de Dieu. Je suis maintenant en mission depuis presque quatre ans et je constate que la simplicité et la disponibilité du coeur sont les deux atouts les plus importants dans mon travail. Avec le temps, je m’aperçois que ce qui compte, ce ne sont pas mes réalisations, ma culture ou mes aspirations, mais mon ouverture d’esprit et mon désir d’apprendre de nouvelles langues, de nouvelles cultures et d’autres façons de faire.

 

Le Précurseur et les Précurseurs

Le Précurseur et les précurseurs — une mission à partager

Choisir le nom d’une revue, c’est lui donner sa vocation. En 1920, la Vénérable Délia  Tétreault choisit d’appeler son petit bulletin : Le Précurseur. Quelle était son intention ? J’imagine sans peine qu’elle avait beaucoup médité sur l’agir de Jean-Baptiste, ce grand prophète, avant d’en attribuer le nom à sa revue missionnaire.

 

Qui était Jean-Baptiste, le Précurseur ?

Commençons par une petite recherche biblique pour bien le situer. Jean-Baptiste, le Précurseur était bien différent des prophètes de l’Ancien Testament. Ceux-ci annonçaient un Messie à venir et demandaient de se préparer à sa venue par la pénitence, ou encore ils dénonçaient les abus et annonçaient des catastrophes prochaines, ce qui faisait souvent dire d’eux : Prophètes de malheur. Bien différent, Jean-Baptiste, le dernier des prophètes, a été le seul à pouvoir dire en voyant Jésus : Voici l’Agneau de Dieu. Contemporain et cousin de Jésus, sous l’inspiration de l’Esprit Saint, il a reconnu en Lui, l’Envoyé de Dieu.

Notre fondatrice, Délia Tétreault, ne pouvait pas donner à sa revue un plus beau titre qui de surcroit en confirmait la mission. En 1842, la Société St-Jean-Baptiste avait reconnu le saint comme patron de tous les Canadiens français et c’est le 10 mai 1908, à la demande de cette société, que le pape Pie X confirmait saint Jean-Baptiste, patron spécial des fidèles franco-canadiens auprès de Dieu1. Missionnaire dans l’âme, femme de son temps, Mère Délia souhaitait que sa revue Le Précurseur annonce Jésus-Christ à la suite du grand prophète Jean-Baptiste et rejoigne quantité de personnes. C’est la mission première de la revue et qui demeure, même après cent ans de publication.

 

Au fil de l’histoire de la revue, qui ont été les précurseurs ?

Atteindre 100 ans, pour une revue, cela ne se fait pas tout seul. Que de généreuses  personnes y ont contribué ! C’est avec beaucoup de reconnaissance que je souligne tout l’apport qu’elles nous ont dispensé au fil des ans; ne sont-elles pas les missionnaires de notre temps ? Combien d’évêques, de curés de paroisses et de communautés religieuses nous ont chaleureusement accueillies pour offrir la revue dans leurs diocèses ou paroisses. Que de gens nous ont offert des repas lors de nos courses dans les villes et villages ! Nous avons côtoyé des personnes généreuses, des jeunes nous ont accompagnées pour solliciter les abonnements de porte en porte. Et combien, après le passage des soeurs, se sont offerts à cueillir les abonnements. Que de beaux souvenirs quand nous pensons à toutes ces personnes qui nous ont conduites dans les rangs. Les gens participaient joyeusement à notre mission. Ils étaient de vrais précurseurs de la Bonne Nouvelle. Que de Magnificat nous récitions de retour à la maison, pour toutes ces personnes rencontrées. Leurs joies et leurs peines alimentaient notre prière et quand la revue entrait dans les foyers, elle devenait source de nombreuses vocations missionnaires ; des jeunes ont senti l’appel des missions lointaines après la lecture de ces textes.

 

Et aujourd’hui, qu’en est-il ?

Dernièrement, j’ai assisté au Congrès d’AMéCO, l’Association des médias catholiques et oecuméniques, dont le thème était : En pleine tempête. Ce titre répondait bien à ce que nous vivons présentement. Oui, au cours de l’histoire de la revue nous avons eu beaucoup de défis à relever, mais aujourd’hui, avec la loi sur la laïcité, les abus dans l’Église, l’indifférence face aux religions, ceux et celles qui abandonnent la pratique religieuse, ces nouveaux défis nous atteignent profondément. Mais comme on se le disait au congrès : Ce n’est pas le temps de baisser les bras et d’abandonner ! Non, au contraire, il faut se retrousser les manches et aller au plus profond du mystère chrétien, mettre notre confiance en Jésus le Ressuscité; c’est Lui, le centre de notre foi. Annoncer le Dieu de la  Vie, qui fait vivre et alimente notre espérance, est le message à communiquer et la vocation spécifique de la revue.

Un autre défi à relever, c’est la production d’un magazine : partout les journaux papier ont de la difficulté à survivre, sont au bord de la faillite. Nous aussi voulons prendre soin de la planète, de notre maison commune comme le pape François aime la qualifier, mais la plupart de nos abonnés ne vont pas sur l’Internet, alors nous conservons les deux, le papier et le virtuel, pour encore deux ans. La main-d’oeuvre compétente se fait de plus en plus rare et nous avons nos exigences, spécialement pour le français, le véhicule de notre message. Nous voulons offrir une revue de qualité par égard pour notre lectorat et le message communiqué, et nous avons à respecter un budget.

 

Fidélité à la mission d’une revue

Malgré les difficultés, nous croyons à notre mission. Les écrits et témoignages de nos  sœurs dans les missions suscitent beaucoup de sollicitude. Ils soulèvent l’admiration et souvent questionnent l’engagement de nos propres vies. Une revue exige de remettre continuellement le travail sur le métier, de ne jamais se décourager et de dynamiser son lectorat. Les commentaires que nous recevons nous disent l’importance de l’écrit. Une dame disait : Le témoignage de votre foi augmente la mienne; et une autre : Je me sentais déprimée, mais à la lecture de la revue, je me suis sentie revigorée. J’espère de tout coeur que la revue apporte un message de paix et d’amour et qu’elle enthousiasme les lectrices et lecteurs à continuer leurs engagements ecclésial et social. C’est une mission à partager. À notre lectorat d’être des missionnaires dans l’âme et les précurseurs d’aujourd’hui.

 

Marie-Paule Sanfaçon, m.i.c.

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